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La Plateforme nationale d’information pour la nutrition (PNIN) du Burkina Faso a pris part au 7ᵉ Rassemblement mondial des PNIN du 23 au 25 septembre 2025 à Lusaka (Zambie). Placé sous le thème : « Réflexion sur les progrès accomplis pour pérenniser l’impact en matière de nutrition », cet événement international, a réuni les équipes PNIN de plusieurs pays ainsi les partenaires techniques et financiers de la nutrition
Le Burkina Faso a mis en avant le rôle stratégique de sa PNIN dans le renforcement du Système d’Information Nutritionnelle (SIN) et la coordination multisectorielle de nutrition. Sa présentation a illustré comment les données fiables et accessibles contribuent à orienter les politiques publiques et à améliorer la redevabilité en matière de nutrition. Les discussions ont également porté sur la transition de la PNIN vers le futur programme « Connaissances et cohérence des politiques pour la nutrition (KPCN) », qui mettra l’accent sur l’assistance technique et le renforcement des capacités.
Plusieurs thématiques ont été abordé au cours de ce rassemblement telles que l’intégration du genre, la valorisation des données de routine, le nexus humanitaire-développement-paix, ainsi que l’usage de l’intelligence artificielle dans la gestion des informations nutritionnelles. À l’issue de la rencontre, la délégation burkinabè a réaffirmé son engagement à œuvrer pour la pérennisation de la plateforme, le renforcement des capacités nationales et la mobilisation de ressources durables afin de poursuivre les progrès accomplis en matière de nutrition.
Le rassemblement mondial des PNIN est organisé chaque année. Il constitue un espace privilégié d’échanges sur les bonnes pratiques, les défis et les perspectives en matière de gouvernance nutritionnelle.
Le Burkina Faso a réalisé une nouvelle enquête nutritionnelle nationale en 2024, offrant un aperçu détaillé de la situation nutritionnelle du pays. Cette étude, la seizième du genre, a permis de mettre en évidence des progrès significatifs, mais aussi de souligner les défis de la malnutrition sous ces formes.
Les résultats de l'enquête montrent des disparités significatives entre les régions du pays. Alors que certaines régions ont enregistré une amélioration de la situation nutritionnelle, d'autres, notamment le Sahel et l'Est, sont toujours confrontées à des taux élevés de malnutrition chronique. Au plan national, ces prévalences sont de 9,9% pour la malnutrition aiguë (dont 0,1 % de forme sévère) ; 19 % pour la malnutrition chronique et 13,2% pour l’insuffisance pondérale.
Si l'allaitement maternel exclusif est largement pratiqué, la diversification alimentaire des enfants reste insuffisante. Au niveau national, 98,3% des enfants ont été exclusivement allaités au cours de leurs deux premiers jours de vie. Plus de 54% d’enfants ont été mis au sein dans l’heure suivant leur naissance et 84,3% d’entre eux ont bénéficié du colostrum. Toutefois, seulement 28,9% d’enfants de 6-23 mois ont bénéficié d’une alimentation minimum acceptable sur le plan national avec le maximum enregistré dans la province du Centre (46,1%). En moyenne, 3 groupes d’aliments ont été consommés par les enfants de 6-23 mois ; ce qui est inférieur à la valeur recommandée (5).
Le nombre moyen de groupe d’aliments consommé par les femmes (4) reste aussi inférieur à la norme (5 groupes d’aliments minimum /jour). Pour la prise de fer/acide folique, 91,2% de femmes ont pris plus de 90 comprimés lors de leur dernière grossesse et 4,6% pour ce qui est des prises de plus de 180 comprimés. Le taux brut de mortalité au niveau de la population générale est de 0,2 décès pour 10 000 habitants/Jour. La présence d’iode dans le sel a également été notifiée chez plus de 90% de ménages.
𝑴𝒆𝒔𝒔𝒂𝒈𝒆 𝒅𝒆 𝒎𝒐𝒏𝒔𝒊𝒆𝒖𝒓 𝒍𝒆 𝑴𝒊𝒏𝒊𝒔𝒕𝒓𝒆 𝒅𝒆 𝒍𝒂 𝑺𝒂𝒏𝒕é 𝒆𝒕 𝒅𝒆 𝒍'𝑯𝒚𝒈𝒊è𝒏𝒆 𝒑𝒖𝒃𝒍𝒊𝒒𝒖𝒆 à 𝒍'𝒐𝒄𝒄𝒂𝒔𝒊𝒐𝒏 𝒅𝒆 𝒍𝒂 𝑱𝒐𝒖𝒓𝒏é𝒆 𝒊𝒏𝒕𝒆𝒓𝒏𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏𝒂𝒍𝒆 𝒅𝒆 𝒍𝒂 𝒔é𝒄𝒖𝒓𝒊𝒕é 𝒔𝒂𝒏𝒊𝒕𝒂𝒊𝒓𝒆 𝒅𝒆𝒔 𝒂𝒍𝒊𝒎𝒆𝒏𝒕𝒔 (𝑱𝑰𝑺𝑺𝑨) 2024
À l’instar des autres pays dans le monde entier, le Burkina Faso salue le choix éclairé de la thématique de cette année : « 𝙎é𝙘𝙪𝙧𝙞𝙩é 𝙨𝙖𝙣𝙞𝙩𝙖𝙞𝙧𝙚 𝙙𝙚𝙨 𝙖𝙡𝙞𝙢𝙚𝙣𝙩𝙨 : 𝙥𝙧é𝙥𝙖𝙧𝙤𝙣𝙨-𝙣𝙤𝙪𝙨 à 𝙡'𝙞𝙢𝙥𝙧é𝙫𝙪 », une thématique qui reflète l’actualité du moment.
La Journée internationale de la sécurité sanitaire des aliments (JISSA) est célébrée chaque année le 7 juin à travers le monde. Les problèmes qui font actuellement peser une menace sur la sécurité sanitaire des aliments nécessitent une action stratégique coordonnée et un nouvel engagement axé sur la mise en œuvre des politiques aux niveaux mondial, national et local. L’on ne cessera de le dire, les aliments constituent les médicaments de l’Homme, nous devons prendre soins de leur qualité sanitaire. La JISSA doit attirer l’attention et inspirer des actions collectives et individuelles pour prévenir, détecter et gérer les risques liés à la sécurité sanitaire des aliments, car l’accès à des quantités suffisantes d’aliments sûrs est indispensable.
Les aliments impropres à la consommation représentent une menace pour la santé humaine et touchent de manière disproportionnée les personnes vulnérables et marginalisées. Ainsi, environ 600 millions de cas de maladies d’origine alimentaire surviennent chaque année dans le monde avec environ 420 000 décès. La région africaine est confrontée à la plus forte charge de maladies d’origine alimentaire avec chaque année plus de 91 millions de cas de maladies d’origine alimentaire et 137 000 décès. C’est le moment de rappeler les cas malheureux d’intoxications et de décès provoqués par les aliments au Burkina Faso entre 2019 et 2021.
À l’occasion de la Journée internationale de la sécurité sanitaire des aliments, nous nous souvenons que l’innocuité des produits alimentaires est une responsabilité collective et que tout le monde, du producteur au consommateur, doit jouer son rôle. C’est la seule façon d’avoir la certitude que les aliments présents dans notre assiette sont sans danger. Cependant, il existe des situations exceptionnelles où, même si nous avons tous joué notre rôle, un événement imprévu peut se produire et compromettre la salubrité des aliments.
Que faire face à l’imprévu ? Thème de cette année.
Pour faire face aux incidents liés à la sécurité sanitaire des aliments, les pouvoirs publics et plus particulièrement les Responsables des ministères en charge de la santé, de l’agriculture et des ressources animales s’engagent à :
✓élaborer ou à mettre à jour les stratégies sur les situations d’urgence en matière de sécurité sanitaire des aliments hautement adaptées au contexte national mais s’appuyant sur les directives des Nations-Unies et notamment celles du Codex Alimentarius ;
✓renforcer les systèmes de contrôle des produits alimentaires ;
✓accroître les capacités de surveillance de toutes les chaînes alimentaires et de coordination entre les autorités compétentes en charge ;
✓améliorer la communication avec les entreprises du secteur agro-alimentaire et les consommateurs.
Les acteurs du secteur privé ont également un rôle prépondérant à jouer et doivent :
✓améliorer leur plan de gestion de la sécurité sanitaire des aliments ;
✓renforcer en permanence les capacités du personnel et collaborer les unes avec les autres ;
✓améliorer la communication avec les consommateurs ;
✓collaborer davantage avec les autorités compétentes en charge de la surveillance, du contrôle et de la certification.
Les consommateurs ont également un rôle prépondérant à jouer et doivent :
✓veiller à ce que les aliments qui leur sont fournis sont sains ;
✓s’assurer qu’ils savent signaler un incident lié à la salubrité des aliments ou y réagir ;
✓s’assurer qu’ils comprennent les conséquences d’un événement imprévu à la maison et savent réagir.
Parce que « la sécurité sanitaire des aliments est l’affaire de tous. »
Nous pouvons contribuer à garantir que les aliments que nous consommons soient salubres et favorables à la santé. Profitons de cette Journée internationale de la sécurité sanitaire des aliments pour que chacun à son niveau, prenne conscience des rôles que nous avons à jouer et ce que nous devons faire pour y arriver aisément. Il n’y a pas de sécurité alimentaire sans sécurité sanitaire des aliments, alors préparons-nous à l’imprévu.
Que Dieu bénisse le Burkina Faso. Je vous remercie.
Dr Robert Lucien Jean-Claude KARGOUGOU
Officier de l'Ordre de l'Étalon